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À corps ouvert Jeudi 22 Juin 2017

À corps ouvert

Les beaux jours arrivent et les corps se dévoilent. Alors on vous regarde vous balader, les tatouages à l’air. Et honnêtement, niveau originalité on a vu mieux. Car si le tatouage est un moyen d’affirmer sa singularité, pourquoi choisir des motifs à la mode, et donc portés par tout un tas de gens ? Ce ne serait pas un peu débile, tout ça ? Seriez-vous des petits moutons, influençables au point de vous faire graver à tout jamais le derner motif tendance ? Là, vous vous dites qu’on est devenus totalement réactionnaires. Que nenni. On va même vous dire mieux : on croit comprendre pourquoi vous faites tout ça

Aujourd’hui, un jeune sur cinq âgé de 25 à 34 ans déclare posséder un tatouage. Il n’est pas rare, d’ailleurs, de voir une mère et sa fille franchir, bras dessus bras dessous, les portes d’un salon de tatouage pour se faire inscrire un petit coeur tout mignon. À l’origine, le tatouage a mauvaise réputation dans les sociétés occidentales. Peut être parce qu’il a longtemps été considéré par l’église comme une oeuvre de Satan, destinée à souiller le corps, création divine par excellence. Peut-être aussi parce qu’il a été utilisé pour stigmatiser et exclure de la société : esclaves, prostituées, détenus, ou, plus récemment, juifs et « non aryens » passés sous l’aiguille. Et puis, il s’est démocratisé, jusqu’à devenir le phénomène qu’on connaît. Il a fallu du temps, et les tendances se sont dessinées. On se souvient, par exemple, des années 90. Il y a eu les cheveux gaufrés, les colliers ras du cou en plastique, les chaussures Buffalo (en plastique aussi, d’ailleurs), les t-shirt Fido Dido et l’apogée du tatouage tribal.
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Ce qui est curieux dans cette mode, c’est que dans les tribus, le marquage est un rite qui permet de s’ancrer dans la société alors qu’en occident, il s’agit plutôt de se distinguer, d’affirmer son identité. Donc on prend des motifs ancestraux chargés d’histoire, puis on les vide de leur sens pour les arborer, de manière très originale, sur son arrière-train. Pour les maoris, les tatouages indiquent le rang social, le métier, les origines et la généalogie. Pour les occidentaux… ça veut simplement dire autre chose.
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Indice de personnalité

N’importe quel tatouage donne des indications sur l’état d’esprit du tatoué. Déjà, il y a l’emplacement. Si il est situé sur un bras ou une jambe, il peut-être dissimulé. Pour Stéphanie, il était primordial de pouvoir le cacher en cas de besoin : « Je fais attention en rendez-vous client, j’essaye de le camoufler un peu … Et en famille : mes parents ne sont pas au courant, ils détestent les tatouages du coup (pour l’instant) je suis toujours en manches longues … même l’été ! Je n’ai pas envie de leur imposer ce choix ». Comme elle, il est probable qu’un banquier, par exemple, ne choisira pas de se faire tatouer sur le front. Ou alors un tout petit tatouage. On ne vous le répétera jamais assez : la taille, ça compte. En ce moment, c’est la grande mode des petits motifs géométriques. Un petit triangle sur la cheville ou une ancre nichée dans le creux du poignet n’a pas la même portée que le portrait atrocement réaliste de Johnny Hallyday, étalé sur des omoplates poilues. Et puis, il y a le choix décisif du motif. Il donne déjà une indication de la période à laquelle il a été inscrit : réaliste, en couleur, tribal, signe chinois. Il peut être le fruit d’influences culturelles, (lorsqu’il représente un artiste, ou un personnage de fiction) ou être représentatif d’un vécu.
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Beaucoup de tatouages représentent une période de la vie de son porteur, qu’il s’agisse d’un moment heureux, ou malheureux. Le nom d’un(e) ex gravé à l’apogée de la passion, ou le souvenir douloureux d’un proche disparu. On pourrait faire un parallèle avec la linguistique et les notions de signifiant et de signifiés. Pour ceux qui n’auraient pas très bien suivi leurs cours de philo : en gros, le signifié est le concept, c’est une représentation mentale, et le signifiant est le mot. Ainsi, l’objet tatoué (signifiant), comme par exemple une théière, peut, pour le tatoué, revêtir une force symbolique importante (signifié), notamment si elle fait référence à une expérience vécue : amour, maladie, mort, etc. Ce qui est intéressant, c’est que si le signifiant reste identique, le signifié, lui, peut évoluer en même temps que le tatoué.
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C’est par exemple le cas de Pauline, qui s’est fait tatouer le fameux tribal dans le bas des reins il y a 15 ans : « Au moment où je l’ai fait, j’étais au lycée. J’avais le sentiment que me faire  tatouer était un moyen de m’affirmer, en tant qu’adulte, et vis-à-vis des autres. J’ai choisi ce motif parce que je le trouvais joli, tout simplement. Et puis, c’était à la mode. Si je me faisais tatouer aujourd’hui, je ne referais sûrement pas celui-là, mais je ne le regrette pas pour autant. Il me rappelle à cette époque, à une période où je construisais mon identité, où je voulais prendre réellement le contrôle de mon corps ».

Petit cas pratique : À la terrasse d’un café, vous apercevez un mollet bien galbé, sur lequel se dessine le personnage de Bender, fumant le cigare. 1ère constatation : le mollet est une partie du corps qui peut être dissimulée, or, le tatoué porte un short malgré le froid.
S’il n’avait pas eu de tatouage, il aurait très certainement opté pour un pantalon, ce qui lui aurait évité de se geler les miches. 2e indice : le tatouage recouvre tout le mollet. Et, comme précisé plus haut, c’est un sacré mollet. Le tatouage n’a pas pu être fait avant 1999, date de sortie de la première saison de Futurama. Le choix du personnage de Bender traduit un certain état d’esprit : il est cynique, alcoolique, arrogant, égoïste, provocateur, subversif. Bender déteste es humains, qu’il aimerait éradiquer pour que les robots prennent le pouvoir. (Et aussi, il est très marrant). Voilà ce que nous pouvons conclure de notre observation. Pour aller plus loin, et tenter de saisir le signifié, il nous faudra nous adresser au propriétaire du tatouage pour lui poser LA question, celle que tous les tatoués entendent, parfois de leurs proches, et parfois de parfaits inconnus : Pourquoi ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

Des réactions épidermiques

Si le tatouage est d’abord une décision personnelle, il est aussi fait pour être vu. Et ce rapport aux autres pousse parfois le tatoué a modifier son comportement ; il choisit des vêtements qui laissent voir leur tatou et apprennent, à travers le regard de l’autre, à se réapproprier leur propre corps. Un tatouage peut entraîner différentes réactions.
S’il est sensuel, qu’il épouse les courbes du corps, il peut susciter le désir. Un motif agressif, comme une tête de mort ou le signe mort aux vaches pourra entraîner la méfiance. Et parfois, lorsque le tatouage a une grande puissance d’évocation, il peut provoquer des réactions violentes. C’est le cas avec l’exemple des jeunes israéliens qui ont décidé de se faire tatouer le numéro de déporté de leurs ancêtres victimes de l’Holocauste. Dans un article du New York Times, ils expliquent que leur démarche, motivée par un devoir de mémoire, leur a valu de vives réactions de la part de parfaits inconnus. Parfois émus, parfois outrés, mais toujours enclins à dire le fond de leur pensée directement au porteur du tatouage. Leur histoire personnelle devient la propriété de tout le monde et à travers le regard de l’autre, quelque part, c’est leur propre identité qu’ils façonnent.

Le tatouage me permet de devenir ce que je suis. Mais est-ce que je fais un tatouage parce que je suis cool, ou suis-je cool parce que je porte un tatouage ? Mon tatouage me permet-il de créer la personnalité que j’aimerais avoir ? Pour Stéphanie, c’est l’histoire du verre à moitié plein : « Un jour t’es cool, un jour t’es has been. Un jour t’es con, un jour t’es cool. C’est toujours une question de point de vue ». Mais en quoi porter un signe de l’infini, une clé de sol, une ancre ou une flèche nous permet-il de nous distinguer?
Quand on voit le succès des flashs (on choisit un motif sur une planche, et emballez c’est pesé), on se demande franchement ce que ces marquages expriment. Vous pensez que notre penchant réac revient au galop ? Vous n’avez pas tort. Parce qu’on est tenté de se dire que ce moyen d’expression s’est tellement banalisé qu’il n’exprime, justement, plus rien. Et puis on se ravise. Parce que finalement, si votre tatouage à la mode vous représente, d’une certaine manière, il est forcément unique.

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