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Échangisme : « Une fois que tu désacralises la sexualité, tu t'éclates ! » Lundi 22 Juillet 2019

Échangisme : « Une fois que tu désacralises la sexualité, tu t'éclates ! »

« Je, je, suis libertine, je suis une catin », nous chantait (non sans malice) Mylène Farmer. Si vous ne vous imaginez pas vous balader les fesses à l’air dans un château – à l’image de Mylène dans son clip – vous avez peut-être, en revanche, déjà pensé à appliquer le dicton « plus on est de fous plus on rit » à votre vie sexuelle. Pour faire de votre fantasme une réalité, nous nous sommes enquis des conseils de Sandra et Émilie, deux expertes en la matière.

Il y a quelques siècles (quatre, pour être précis), le libertinage incarnait bien des choses. C’était une véritable philosophie, guidée par une soif
 de liberté, une envie irrépressible de s’affranchir des carcans de la société et de la morale chrétienne. Aujourd’hui (quatre siècles après, donc),
 on peut objectivement considérer que la société dans son ensemble est beaucoup moins coincée. On ne se formalise plus tellement face au nombre de films porno qui circulent sur les internets,
 ou face aux ventes mirobolantes de sextoys. 
Plus personne, non plus, pour s’étonner de voir un salon de l’érotisme poser ses bagages là où était organisé, quelques jours auparavant,
 le salon des bouchers-charcutiers. Mais la libération sexuelle est-elle effective pour autant ?

Quand il s’agit de se mélanger, nos compatriotes restent frileux. Ainsi, selon une étude Ifop datée d’octobre 2014, 11 % des Français ont déjà fait un
« plan à trois », quand 7 % d’entre eux fréquentent des clubs échangistes et 8 % pratiquent
 l’orgie. Chiffres relativement surprenants
 dans la mesure où les termes « plan à 3 »
 se trouvent en 3e position des recherches
 les plus effectuées par les femmes sur
 Pornhub en 2016. Il y a donc de fortes
 chances qu’il y ait, parmi vous, des non-pratiquants curieux, trop timides pour se
lancer. Nous avons donc décidé d’aller boire
 un verre avec Émilie et Sandra, amies dans la vie et en clubs échangistes, histoire
 de tirer cette histoire au clair.

Tâter… le terrain

Le truc avec le libertinage, c’est que nous n’avons pas la moindre idée de ce à quoi ça ressemble. Enfin, on a bien vu Eyes Wide Shut et quelques pornos, mais difficile de se faire une idée. Entre le glamour de Nicole Kidman et le trash de certaines vidéos, on se doute que la vérité est ailleurs. Et surtout, difficile de savoir par où commencer. Le conseil d’Émilie pour s’initier : y aller mollo. 
« On peut faire connaissance avec des échangistes et organiser une petite soirée privée. Le tout, c’est de ne pas se mettre la pression et que tout le monde soit sur la même longueur d’ondes.
 En général, après quelques bouteilles, c’est parti ! Au pire, si tu n’as pas envie de passer à l’action, tu auras au moins passé une soirée sympa. Tu peux aussi aller en club, juste pour voir. Au début, tu peux te contenter de regarder pour t’exciter, puis rentrer chez toi et te faire plaisir tout seul ou en amoureux. Si tu as un partenaire, tu peux y aller en couple et faire du côte-à-côtisme (pratique consistant à faire l’amour avec son partenaire en présence d’autres couples mais sans qu’il n’y ait d’échange, NDLR) et continuer comme ça, petit à petit. »

Si dans l’imaginaire collectif, les clubs échangistes peuvent paraître glauques,
 il semble que la réalité soit beaucoup plus positive. À première vue, ils ressemblent
 à n’importe quelle boîte de nuit : il y a un bar, une piste de danse, parfois un restaurant,
 un jardin, une piscine... On peut y entrer pour boire un verre, rencontrer des gens et discuter sans forcément avoir à faire la bête à deux dos (ou plus). Voilà qui est plutôt rassurant.

« Tu trouves toujours à t’occuper ! »

Quand on s’imagine passer à l’action, on se pose pas mal de questions... Comment savoir qui fait quoi ? Comment réagir s’il y a des choses qu’on ne veut pas faire ? Est-ce qu’avant une partie fine, tous les participants se réunissent pour un petit briefing comme les équipes de football américain qu’on voit dans les films ? A priori non, nous explique Sandra. « C’est vraiment au feeling. Une fois que tu désacralises la sexualité, tu t’éclates. Tout le monde est là pour prendre du plaisir : je ne me suis jamais retrouvée dans une situation stressante ou gênante, par exemple. La devise du libertinage, c’est « tout est possible, mais rien n’est obligatoire ». Après, il arrive, avec deux mecs notamment, que tu ne saches pas trop quoi faire, parce que tu es beaucoup sollicitée ! J’ai déjà fait des parties à cinq, nombre impair, donc forcément, il faut tourner. Mais tu trouves toujours à t’occuper ! »

En écoutant les histoires de Sandra et Émilie, on se dit que ça a l’air plutôt sympatoche.
 On en viendrait presque à les envier en voyant l’éclair de malice qui traverse leurs regards
 à l’évocation de leur plaisir, décuplé par toutes les bouches et toutes les mains passées sur leur corps, par tous les inconnus auxquels
 elles se sont abandonnées...
 Hum, hum. En résumé, elles nous parlent 
de la manière dont elles ont redécouvert leur sexualité, de leur sentiment de puissance
 et de liberté.

Macho macho men ?

Presque convaincus, des interrogations demeurent. Certaines nous ont été soufflées par Daniel Welzer-Lang. Ce sociologue, spécialisé dans l’étude des hommes
 et du masculin, est l’auteur de l’article « L’échangisme : une multisexualité commerciale à forte domination masculine », paru en 2001 dans la revue Sociétés Contemporaines. Au regard des nombreux témoignages de femmes qu’il a réunis, il estime que l’initiative pour entrer dans l’échangisme est, à quelques exceptions près, toujours masculine. Elle part du désir de l’homme de vivre des relations sexuelles avec plusieurs femmes et résulte, pour les couples, d’une forme de négociation
 à laquelle la femme « cède ». 

Pour le sociologue, hommes et femmes sont confrontés aux
 effets de la construction du genre et de
 leurs rapports sociaux. En prenant pour exemple les tenues imposées aux femmes (obligatoirement sexy, avec interdiction de porter un pantalon ou des collants), il souligne que ces dernières doivent se conformer aux codes érotiques masculins. Ainsi, dans le club, les femmes déambulent presque nues, alors que les hommes sont souvent vêtus, et ne
 se déshabillent que pour avoir des relations sexuelles. Une vision des rapports hommes-femmes nuancée pas nos deux habituées 
qui, loin de subir la domination masculine, estiment plutôt reprendre une forme de contrôle. « Moi, je suis souvent en jean et
 en baskets, détaille Émilie. Quand je mets 
une robe ultra sexy et des talons de ouf, je me trouve trop belle. Je ne me suis pas sentie être « l’objet de », bien au contraire. C’était plutôt, « les gars, fermez vos mâchoires, j’arrive ! » Après, les nanas ultra féministes n'iront jamais dans ce genre d’endroits, parce qu’il est vrai qu’on y trouve plus de mecs que
 de meufs. »

Amours conjugués

Sandra et Émilie pratiquent l’échangisme lorsqu’elles sont célibataires, et libres de faire
 ce que bon leur semble. Ce qui ne les a pas empêchées, au fil de notre entretien, d’évoquer plusieurs couples avec qui elles se sont envoyées
 en l’air. Pour certains d’entre eux, l’échangisme consiste à se « payer une nana ». Dans ce cas
 de figure, l’homme peut tripoter et pénétrer d’autres femmes, mais les autres hommes doivent la garder dans leur pantalon. S’il est tentant
 d’y voir une certaine injustice, pour nos deux conseillères il s’agit plutôt d’un moyen, pour
 la femme, d’assouvir un penchant homosexuel. Elles estiment, à la suite de leurs nombreuses rencontres, que chaque couple fixe ses propres règles. « Il y a de tout, des gens qui ne sont là que pour voir, d’autres couples qui ne se mélangent pas mais qui aiment que les autres 
les regardent faire l’amour, par
 exemple. Ça les émoustille. Pour
ceux qui sont ensemble depuis
 longtemps, c’est un moyen de 
pimenter leur vie sexuelle. »

Elles, elles ne savent pas si elles
 pourraient se lâcher totalement 
sous le regard de leur mec. 
Et lorsqu’on leur demande si
 elles seraient prêtes à accepter
 de se « payer une nana » en couple, la réaction d’Émilie ne se fait pas attendre : « Ah non ! Et je fais quoi ? Je me tourne les pouces ? Je vais au bar et quand un mec m’aborde je dis « non merci, j’attends mon copain ? » Ce n’est pas possible,
 soit on ne fait rien ensemble, soit tout le monde s’accorde des choses. »

L'essayer, c'est l'adopter ?

Pour elles, hors de question de brider leur plaisir. L’une comme l’autre assument totalement leur appétit sexuel et leurs pratiques. Pourtant, elles recommandent de ne pas tout dévoiler lors d’un premier rendez-vous galant : « Si tu le dis tout de suite, ça peut faire peur, précise Sandra. C’est toujours pareil, c’est le problème de l’image de la femme et de sa sexualité. Si tu fais ça, t’es une vraie salope. Si tu as trop d’expérience, les mecs ont peur de ne pas arriver à suivre, ça titille leur égo. » Cas classique de masculinité fragile ? Face à nos deux libertines, ces messieurs ont peut-être raison de se faire du souci ! Car aujourd’hui, Émilie
 est en couple avec un non pratiquant. Avec lui, le sexe, c’est différent : ils sont amoureux.
 C’est bien, mais pas extraordinaire. Elle n’hésite pas à le dire, soit il s’y mettra, soit elle continuera ses expériences sans lui.

Car une fois qu’on y a pris goût, difficile de renoncer aux parties fines : plus on en fait, plus on y pense et plus on a envie d’en faire. Comme une drogue.
 Nul doute que notre petit entretien a ravivé pas mal de souvenirs. Elles se sont rappelées leurs vacances au Cap d’Agde (aka le « Disney Land pour adultes »), et ont évoqué ce nouveau club qui a ouvert à Aix-en-Provence : il faudrait aller le tester. Plongée dans ses pensées pendant quelques minutes, Sandra conclura, dans un soupir, par cette phrase d’initiée : « Vraiment, je plains les gens qui ne connaissent pas ça. »

Pour assouvir sa curiosité...

À écouter

Consulter notre article « Quatre podcasts pour (j)ouïr »

À lire

La philosophie dans le Boudoir
LA référence en la matière, signée Le Marquis de Sade. Le roman prend la forme d’un échange philosophique et initiatique entre la jeune Eugénie et deux instituteurs libertins. Tout en s’adonnant à des parties de jambes en l’air très détaillées, les amants débattent de religion, de vertu, du bien et du mal. Nous ne divulgâcherons point la fin du roman, qui vaut son pesant de cacahuètes.

La vie sexuelle de Catherine M.
Dans un registre bien plus contemporain, cet ouvrage (quoi que l’on pense des récentes prises de position – sans mauvais jeux de mots - de son auteure, Catherine Millet) relate avec grand soin les ébats de Catherine qui, à peine déflorée, arpente les soirées partouzes et se livre à de nombreuses expérimentations, parfois acrobatiques.

À voir

Eyes Wide Shut
Grand classique, ce film de Kubrick nous plonge dans la vie d’un couple bourgeois qui se questionne sur la notion d’adultère. Question qui mènera Bill (Tom Cruise), à découvrir une société secrète friande d’orgies.

Love
À sa sortie en 2015, le film de Gaspar Noé fait sensation. Toujours dans une problématique de couple, Murphy se souvient de la sulfureuse passion qu’il a vécu avec Electra.

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