L’un est grand, pince-sans-rire et belge. L’autre est un gars du Ch’Nord à qui tout réussi. Ensemble, ils forment un duo comique irrésistible. A l’occasion d’une tournée marathon pour la sortie de “Rien à déclarer”, c’est dans un poste frontière reconstitué que nous les avons rencontrés. Entre 2 verres et dans une ambiance potache assumée, ils se prêtent au jeu de l’interview croisée.
Benoît Poelvoorde : On se connaissait juste comme ça, on s’était croisés lors de journées professionnelles. J’ai été très heureux que Danny me choisisse et me fasse jouer un douanier belge, ça m’a amusé. Surtout le fait, qu’il soit douanier et raciste. C’est déjà tellement antinomique, que cela m’a fait rire, c’est comme un flic raciste. Des personnes qui incarnent la neutralité, ne devraient pas l’être. C’est comme un juge, on doit être impartial pour faire ces métiers-là. Donc incarner un belge qui n’aime pas les français à ce point, ça m’a attiré.
On a adoré ! D. B. : Il y avait un plaisir physique chez Benoît qui il mettait son uniforme. Cela permettait à son personnage d’abuser et d’avoir la gâchette facile. Ça le rendait encore plus dangereux. B. P. : Le côté martial est plus impressionnant chez les belges, la casquette donne un air plus méchant. Sur le tournage on avait le retour des images en vert et blanc sur le combo, on aurait dit que j’interprétais un officier nazi. Il y a quelque chose de plus bonhomme et sympathique dans le képi français. Une sorte de bienveillance …
D. B. : C’est celle du belge qui ramène sa voiture neuve au garagiste pour une panne de clignotants : "- un coup ça marche, un coup ça marche pas… un coup ça marche, un coup ça marche pas… un coup ça marche, un coup ça marche pas…" lui explique t-il pour décrire la panne. B. P. : Vous savez pourquoi les français aiment les blagues belges ? C’est parce qu’ils rient trois fois : la première fois quand on leur raconte, la seconde quand on leur explique… et la troisième, quand ils les comprennent. Mais je préfère les Vidéos Gags de TF1, c’est ce qui me fait le plus rire : voir des amateurs qui se filment en train de se caser la gueule.
Sur le fait de râler. B. P. : J’adore le côté râleur des français. Nous en Belgique, on ne dit jamais rien. On a les défauts de nos qualités, on est trop modestes.
B.P. : Sur le tournage de RIEN A DECLARER, on en a eu beaucoup. Dany aime faire des blagues.
D. B. : Les grillades au barbecue. Dans le Nord, quand il y a du soleil, c’est un événement de faire ça en plein air. B. P. : Les frites avec des moules.
D. B. : Pastis quand je suis dans le Sud et Bière dans le Nord. B. P. : Bière, mais en ce moment whisky (dit-il un verre à la main)
D. B. : Etudes de dessin et d’Art graphique en Belgique, jusqu’à l’âge de 25 ans. C’est ce qui m’a fait vivre, tout en suivant le Cours Simon à Paris et en jouant mes sketches dans les cafés -théâtres. B. P. : J’ai également fait des études d’Arts appliqués et de photographie. A l’origine, je me destinais à travailler dans la pub, comme illustrateur et dessinateur pour enfants. C’est en terminale que j’ai bifurqué vers le cinéma.
D. B. : Quand j’étais étudiant, je passais la frontière pour aller chercher des cigarettes ou jouer au tiercé. Je me faisais contrôler régulièrement, par la brigade des stups belge. Ils étaient très agressifs. Je n’en n’avais jamais, mais ils m’arrêtaient toujours.
D. B. : « L’éloge de la frontière » de Régis Debré, que j’ai lu avant le film, où il dit : « La frontière, c’est mettre la tension au milieu d’une route anonyme. »
Les deux (en souriant) : Tout.
D. B. : Vendre le scénario de « Rien à déclarer » aux Etats-Unis. Ils veulent l’adapter à la frontière Canadienne.
D. B. : Fin B. P. : Faim