Imany, de son vrai nom Nadia Mladjao, allie à la perfection soul et folk, parsemant le tout d’une douce mélancolie. Elle qui a été mannequin durant des années a désormais revêtu l’habit de chanteuse de talent. En concert, elle se livre petit à petit, dévoilant ses forces et ses faiblesses, sans oublier de communiquer avec son public. Très attachée à ses racines (elle est d’origine comorienne), nous l'avons rencontré juste avant son passage à la Fiesta des Suds. Grande, généreuse et envoûtante, elle a naturellement conquis le public pendant ce festival à l’image de sa musique. Une artiste à suivre !!!
J’avais tout simplement envie de changer de nom, déjà à l'époque, quand j’étais mannequin à New-York. Mon vrai nom, c’est Nadia et il y en a beaucoup ! Une envie de me distinguer peut-être. Je pensais qu’Imany signifiait espoir en swahili mais en réalité cela veut dire « foi ». C’est donc un heureux hasard ! Et puis, c’est aussi le nom d’un personnage dans le film « Un prince à New-York » !
Non, c’est celui de l’Afrique. Un jour j’ai voulu la dessiner et, étant donné que je ne suis pas très douée en dessin, je me suis rendue compte que mon Afrique avait une forme de cœur brisé. Je ne sais pas, ça m’a parlé et j’ai trouvé que cela collait bien à mon continent. D’où le nom de l’album et d'un des douze titres : «la forme d’un cœur brisé ».
Et pourtant, je ne l’entretiens pas ! J’écris pour exprimer une certaine tristesse, c’est comme un exutoire. Je trouve qu’on écrit beaucoup plus facilement quand on va mal, c’est comme ça ! Ça ne m’empêche pas d’être quelqu’un de gai, bien sûr !
Je dirais ni l’un ni l’autre. C’est juste difficile. A New-York, tout le monde rêve d’y arriver, c’est un peu la ville de tous les possibles. Et la ville où beaucoup de destins se brisent. Quand j’ai commencé à vouloir chanter, je me suis rendue compte que chaque semaine sortaient de nulle part des chanteuses talentueuses et, à moins de trouver les bons endroits pour se propulser, c’est vraiment difficile de faire son trou là-bas.
J’ai eu une opportunité, oui. Et puis tout s’est enchaîné et quelques années plus tard, j’enregistrais un album. Mon tout premier. Et puis, être loin de sa famille et de ses amis, c’est pas toujours facile. Ce qui me gênait aussi aux États-Unis, c’est cette manie de mettre les gens dans des cases et ça, je n’en avais pas envie.
A vrai dire, au départ, je n’étais pas à l’aise avec la scène. Non vraiment ! Pendant trois, quatre ans, j’ai eu du mal à venir livrer mes chansons, c’était comme livrer une partie de moi-même en public. Puis, le métier est rentré comme on dit et maintenant je m’y sens bien. On a quelques 300 scènes à notre actif maintenant, sans parler du fait que huit personnes m’accompagnent. Ce sont en quelque sorte huit cœurs qui battent sur scène au même moment.
J’écris et si je n’écris pas, j’ai des loisirs de mémère : je lis, je vais au ciné, je vais boire un verre avec mes copines.
Oui, Fatou ma sœur est là pour s’occuper de ma carrière. Ça a aussi rassuré mes parents. Dire qu’on va faire chanteuse, c’est pas forcément facile à faire accepter, surtout quand j’étais à New-York. Et justement, ce qui les pousse à me soutenir, c’est un peu le fait que Fatou ait fait des études et prenne les choses au sérieux. Aujourd’hui, ils sont tous derrière moi et m’encouragent.
On sort d’un album dont la préparation a pris plus de trois ans donc pour l’instant, ouf, on souffle ! Enfin plutôt on enchaîne les tournées. Bien sûr, on pense déjà au prochain album et je continue à écrire mais c’est encore trop tôt ! Le dernier n’est sorti qu’en mai !
Quand j’écris, les mots me viennent plus facilement en anglais et puis, je ne sais pas, je trouve ça moins mièvre. J’ai essayé d’écrire en français mais pour l’instant c’est en anglais que j’y parviens le mieux.
Oui, beaucoup. La chanson Take care est anglo-comorienne par exemple. Je l'ai composé et fait lire à mes parents ensuite. C’est important pour moi de rester attachée à mes racines et de mettre ma culture à l’honneur.