Drôle et chaleureux, Edouard Baer pétille d’un charme irrésistible. Le plus grand talent de cet acteur, scénariste- réalisateur- producteur est de transformer le quotidien en un truc plus marrant. Avec Miam Miam, son dernier spectacle, il embarque le spectateur entre quiproquos et malentendus dans une espèce de foutoir au second degré. Infatigable paresseux, il mène sa vie au feeling, bosse et picole avec les copains pour oublier son sort de mortel et adore les bars où l’apéro dure longtemps. En Arles avec Magma, il trinque au soda.
A court terme, apéro, déjeuner, sieste et dîner ! A moyen terme, me promener avec Miam Miam jusqu’à Noël à travers la francophonie.
A cause de la crise, des acteurs transforment un théâtre en restaurant, lieu de toutes les conversations. Les personnages, plein de mauvaise foi, courent dans tous les sens comme dans les grandes pièces de boulevard d’autrefois. L’auteur étant dans la salle (moi !) le spectacle évolue sans cesse. Chaque soirée est une expérience unique.
Je picole mais Miam Miam c’est avant tout la faim de vivre…
C’est l’énergie du désespoir… Comme les gens naturellement très sombres, je m’agite pour ne pas tomber ! Je ne possède pas l’art de contempler, regarder un arbre, la mer ou une jolie femme qui passe en me disant que ce n’est pas pour moi… il rit …
Radio Nova ! J’avais 23 ans, quatre heures de direct par jour pendant 4 ans. C’est une école extraordinaire d’énergie, d’improvisation, de concentration. On faisait un peu de tout, des sketchs, de l’info…
Je suis bachelier et après… que dalle ! Non, j’ai pris des cours de théâtre. Je voulais être acteur mais à l’époque, si on n’était pas d’une famille de comédiens, on n’envisageait pas ce métier.
Je voulais faire de la politique, surtout des discours… il lance un « Chers amis… » tonitruant et se marre… J’étais fasciné par le côté spectacle et l’idée de convaincre. J’étais un peu mégalo et voulais être au centre des choses. Mais comme j’avais raté Sciences-Po, je classais des papiers dans une banque d’affaire pour gagner ma vie.
Salauds de jeunes ! ... sourire envieux… Le lycée c’est comme chez les flics, jusqu’au bac la vie est un cauchemar, une fois que tu l’as c’est comme si tu quittais un ponton vermoulu avant qu’il ne s’écroule. J’adore l’idée de commencer son projet de vie et que tout soit possible !
Je suis très, très, très cyclothymique, assez paresseux, impatient…
J’ai le goût d’enthousiasmer, amuser, donner de l’énergie… en fait, ma principale qualité c’est d’avoir besoin des autres.
Il plante ses yeux dans les miens et lance : Je suis un amant exceptionnel !... éclats de rire… il hurle… Oh le ringard !
Vivre assez librement ! Faire des fugues ou quitter la table des négociations. Si j’ai envie, je me lève et je pars.
Me plaindre ! Avant mon petit café serré j’ai envie de mourir.
La curiosité. J’essaye de ne pas être blasé, d’être toujours partant, de m’ouvrir et dire OUI !
Aux moments forts, aux engagements, à la fidélité. Je cherche des gens sur Terre avec qui passer la mort donc je suis fidèle en amitié.
Tout le monde est unique, l’important c’est de le savoir ! J’ai la chance de faire un métier qui me permet d’exprimer des choses instinctives.
Du saucisson ! Je n’aime pas le sucré.
« Ebène », le plus beau livre que je n’ai jamais lu sur l’Afrique écrit par un journaliste polonais qui s’appelle Kapuscinski… Il épelle… bonne chance !
Les bonnes volontés déçues. Les gens sincères et généreux pour qui ça ne marche pas en amour, dans le boulot…
En ce moment c’est : L’absence de système est encore un système, mais c’est le plus sympathique !
Avec indulgence ! C’est une arme et un atout mais je n’ai aucune hygiène de vie. Pas de gym ni de diététique. Je le remercie donc pour le moment de ne pas tirer de sonnette d’alarme.
Il chante… Du ventre de ma mère… d’une famille plutôt joyeuse et je vais vers la mort… il rit.
Jouer du piano. En fait, j’aimerais savoir beaucoup de choses sans les apprendre… comme beaucoup de cons !
L’indémodable duo Poiret-Serrault.
J’ai des grands maîtres du genre Cassavetes, Orson Wells, Depardieu… plus grands que la vie, des ogres !
Les odeurs des maisons de vacances de mon enfance où j’ai été heureux.
Je n’en ai pas ! Je n’écoute pas tellement de musique et puis, regarde mon portable… il sort de sa poche une antiquité…
Je n’ai pas besoin de vacances car je n’ai pas l’impression de travailler mais plutôt de m’amuser et je ne sais pas voyager en dehors du boulot…
Un sous-vêtement par jour !
Je n’ai pas de rêve extérieur à moi-même, juste des petites victoires sur moi comme arriver à me concentrer, chose qui m’est difficile.
Je préfère ne pas en avoir. Je crois en l’ordre des choses et j’aime l’idée de lutter.
De ne pas décevoir et de tenir des engagements, même ceux de deux heures du matin !
Observer le brassage des populations au cœur des grandes villes le soir en terrasse… Comme autrefois sur la Canebière, raconté par Albert Londres dans ses nouvelles sur Marseille.
Non, sinon j’aurais trop d’eau dans la bouche !
Le refus de prendre des responsabilités me stupéfie.
Ce qui me charme le plus c’est d’admirer quelqu’un.
On ne sera plus là dans 50 ans tous les deux !… je lui fais remarquer que j’espère être encore vivante à 93 ans…
Je suis très, très pessimiste donc tout m’effraie ! Le monde virtuel, mourir sans avoir vécu… un cauchemar, t’as 80 ans, tu te réveilles la nuit et cries merde je n’ai pas vécu !
Je n’en ai pas du tout, ça m’emmerde ! Je laisse ça aux entreprises. En tant que citoyen je ne veux pas être culpabilisé là dessus.
Les gens qui ont un monde particulier bien à eux.
C’est le contraire du bling bling, ça doit être un truc qu’on ne remarque pas.
Réaliser un film, un nouveau spectacle, reprendre une émission de radio…