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Guide pratique pour prendre le contrôle de la planète Jeudi 03 Mai 2018

Guide pratique pour prendre le contrôle de la planète

On est bien sage, on trie nos déchets, on paye nos impôts, on aide les petites vieilles à traverser au feu rouge. Et tout ça pour quoi ? Rien du tout. Les plus faibles sont toujours exploités, piétinés, rejetés, et les plus forts bien tranquilles les doigts de pieds en éventail. Trop, c’est trop. Nous, on passe de l’autre côté de la barrière : du côté des méchants. Et vous devriez en faire de même. Le mal vaincra ! (Avis aux lecteurs dénués de second degré : passez votre chemin).

Pour commencer, établissons que nous essayons tous de manipuler les autres : en famille, au travail, entre amis, de manière consciente ou inconsciente, de manière positive ou négative. Cela étant dit, pour échafauder un enfumage en règle de la planète, on peut se perfectionner en s’inspirant des 3 registres de la persuasion proposés par Aristote dans La Rhétorique.
Le 1er, Ethos, est la crédibilité. Pour qu’un discours soit entendu, le porteur du message doit être une figure d’autorité, qui inspire confiance ou qui est populaire auprès de l’opinion publique. C’est la raison pour laquelle les publicitaires utilisent des stars pour vous vendre du shampooing, et c’est également la raison pour laquelle les plateaux de télé regorgent d’experts en tous genres. Ce qui est pratique, c’est qu’avec beaucoup d’argent, et le relais de quelques titres de presse spécialisée, vous pourrez rapidement propager votre message.

Si vous pensez qu’il est nécessaire d’avoir un fondement quelconque de votre propos, détrompez-vous. C’est ce qu’a démontré l’expérience SCIgen. En 2005, des étudiants du prestigieux MIT de Boston ont mis au point ce programme informatique, qui permet de générer des études scientifiques fabriquées de toute pièce, à grands renforts de termes techniques, de graphiques et de références. Une dizaine d’études ainsi produites ont fait l’objet de très sérieuses conférences et publications scientifiques, sans que la véracité des propos avancés ne soit vérifiée. Et ce n’est qu’une illustration parmi tant d’autres des fake news qui circulent quotidiennement sur la toile et sont relayées massivement grâce à la magie des réseaux sociaux.



Autre grand principe de la rhétorique : le Pathos. Il faudra prendre votre auditoire par les sentiments, en inspirant la pitié, la peur, ou en le confrontant à un discours auquel il s’identifie. Une recette particulièrement efficace, et d’ailleurs utilisée depuis toujours par les partis politiques. Pourquoi assommer les potentiels votants avec des chiffres et des théories économiques et sociales compliquées, alors qu’un discours sur l’insécurité, les valeurs de la république, les méchants étrangers qui viennent ôter le pain de la bouche des gentils français s’avérera bien plus impactant ?

Une fois votre discours rodé, il vous faudra anticiper toute contradiction en blindant votre Logos, comme dirait Aristote. Pour les non hellénophones, cela signifie que vous devrez faire preuve d’une logique imparable. Là aussi, inutile d’avoir un propos fondé, en témoigne la popularité des théories du complot : selon une étude publiée en janvier 2018 par la fondation Jean Jaurès et l’observatoire Conspiracy Watch, 79% des français croiraient au moins à l’une de ces théories. Vidéos truquées, photos retouchées, coïncidences à répétition, toutes les preuves sont bonnes pour faire gober votre bobard. L’important est de les accumuler sans vergogne pour construire un « mille-feuille argumentatif », pour reprendre l’expression de Gérald Bronner dans La Démocratie des Crédules. L’idée est de noyer les faits dans un argumentaire tellement riche que l’interlocuteur finira par se dire que tout ne peut pas être faux. Une fois la brèche ouverte : engouffrez-y tout ce que vous pourrez, et faites vous plaisir, car plus c’est gros, plus ça passe comme disent les reptiliens.

It's braining men

Au-delà des grands principes énoncés par notre ami Aristote, il y a 2 ou 3 choses à savoir sur le cerveau humain pour asseoir sa domination. Et ça tombe bien, plusieurs chercheurs en psychologie sociale ont fait des études et réalisé des tests pour comprendre les rouages de ce qu’on appelle la « communication persuasive ». L’une des découvertes majeures a été le phénomène de « réactance », qui a mis en lumière l’importance cruciale du libre arbitre dans les tentatives de manipulation. Pour faire simple, une personne qui sait qu’elle va être manipulée ne se laissera pas faire. Mais si, au contraire, vous rappelez à votre victime qu’elle est libre de ses actes, vous augmentez vos chances de la convaincre. C’est la raison pour laquelle il est primordial d’utiliser des formules du type « vous faites ce que vous voulez, mais… ». C’est aussi la raison pour laquelle vous payez 40 € par mois d’abonnement à une salle de sport dans laquelle vous n’avez jamais mis les pieds (ou presque) : vous êtes libre de résilier votre abonnement à tout moment, c’est vous qui décidez. Pauvres fous !

Mais la chose la plus incroyable, la plus invraisemblable, c’est la capacité des personnes à s’auto-manipuler, aussi appelée « psychologie de l’engagement », pour reprendre le terme de Charles Kiesler. Du pain béni. L’idée de départ est que si une personne est amenée à faire une action qu’elle n’aurait pas faite spontanément, elle préférera se persuader qu’elle a pris la bonne décision, plutôt que de reconnaître qu’elle s’est faite manipuler.
En voici un petit exemple, où toute ressemblance avec des personnages réels n’est ni fortuite ni involontaire : alors que deux amies se promènent dans le jardin de l’université de Bangkok, elles consultent une carte pour choisir leur prochaine visite. Un homme, qui dit être professeur à l’université (autrement dit un interlocuteur crédible) s’approche pour leur offrir son aide, et propose alors de noter sur la carte les endroits incontournables de la ville. Il explique avec soin comment s’y rendre, et les « attrape-touristes » à éviter. Ravies, les deux acolytes s’apprêtent à poursuivre leur route lorsque le guide improvisé leur propose de se rendre sur les quais, « si bien sûr, elles n’ont pas autre chose de prévu cet après-midi », pour voir les pirogues. En deux temps trois mouvements, les voilà sur une embarcation, moyennant bien évidemment quelques Bahts. « C’était sympa », « la vue du fleuve est jolie » : une fois l’expédition terminée, tous les arguments étaient valables pour justifier leur choix, pour finalement se rendre à l’évidence : elles s’étaient faites avoir comme des bleues. Pour cela, on dit merci aux deux vitesses de la pensée.



Cette théorie, popularisée par le prix Nobel Daniel Kahneman, énonce qu’au moment de prendre une décision, nous avons deux schémas de pensée. Le système 1 est automatique, intuitif, il gère la plupart du temps. Le système 2 quant à lui est analytique, et plus rarement utilisé car demandant plus d’efforts. Notre grosse feignasse de cerveau a naturellement tendance à utiliser le système 1 histoire de s’éviter le tracas de devoir réfléchir et remettre les choses en question. Mais il déteste se retrouver face à ses propres contradictions (ce qu’on appelle aussi la dissonance cognitive). Dans ces cas là, l’hémisphère gauche prend le relais avec une bonne dose de mauvaise foi, pour tout remettre en ordre et nous donner l’illusion que nous sommes maître de notre destin.

Joug contre joug

Maintenant que vous êtes familier avec la théorie, il est temps de passer à l’action.
Pour un contrôle efficace, commencez par vous attaquer aux enfants. Ce sont des proies faciles : pas très malins et aisément manipulables. En les plaçant tôt sous vos ordres, ils feront plus tard de loyaux soldats et des adultes disciplinés. Il est donc fondamental de vous rapprocher des écoles, ou de personnes ayant des enfants, ou d’en produire vous-même abondamment. Autre avantage indéniable, ces enfants seront ensuite un outil impitoyable pour convaincre leurs parents : déjà parce qu’ils sont mignons, et ensuite parce qu’ils sont capables de répéter la même chose ad vitam aeternam, jusqu’à rendre les adultes complètement chèvres. Souvenez-vous des débuts du port obligatoire de la ceinture de sécurité : notre génération a subi un bourrage de crâne en règle, résultat, c’est nous qui rappelions à nos parents de s’attacher en voiture. CQFD.

Pour un contrôle efficace, commencez par vous attaquer aux enfants. Ce sont des proies faciles : pas très malins et aisément manipulables


Qui d’autre est capable de répéter la même chose pendant des heures et des heures ? Regardez donc une chaîne d’infos en continu pendant 45 minutes, et comptez le nombre de fois où vous verrez exactement les mêmes images, commentées par les mêmes mots : c’est diablement efficace. De plus, toutes les rédactions ou presque traitent les mêmes sujets, avec le même angle. Ainsi, où que vous regardiez, vous êtes soumis au même message, encore et encore, jusqu’à ce que votre petit cerveau tout mou l’ait bien absorbé. Extrêmement pratique.
Comment faire en sorte que votre idéologie soit placardée partout et enfoncée dans le crâne de la populace ? Figurez-vous que, si certains reporters analysent et décryptent des faits à travers des enquêtes de terrain, il se trouve que la plupart du temps, ce n’est pas le journaliste qui va à l’information, mais bien l’information qui va au journaliste. Ajoutez à cela une logique financière implacable : il faut vendre des titres et des clics en traitant des sujets « rentables », et vous aurez plus ou moins une méthodologie pour manipulation à grande échelle. Il ne vous reste plus qu’à investir dans un message qui fait vendre en suivant scrupuleusement les recommandations d’Aristote vues plus haut, d’investir dans une bonne agence de presse et voilà le travail.

Autre astuce : influer simultanément et directement sur le comportement des individus. Après tout, pourquoi tergiverser pendant des heures alors que vous pouvez manipuler les masses à l’insu de leur plein gré en toute impunité ? C’est à ça que servent les Nudges. Ils interviennent dans l’environnement de la victime de manière « friendly » pour lui faire adopter un comportement positif sans qu’elle s’en aperçoive. Par exemple : en gravant une mouche dans ses urinoirs, l’aéroport Schiphol d’Amsterdam a réduit ses dépenses de nettoyage de 80%, grâce à la propension des hommes à viser ladite mouche. Ça semble idiot, mais imaginez un monde où ce principe serait appliqué à tous les domaines : la consommation, la santé, l’éducation… Les nudges peuvent vous permettre de prédire le comportement de ces merveilleux moutons que sont les êtres humains, et les priver ainsi de tout pouvoir de décision.



Malgré tous vos efforts, il est possible que vous rencontriez encore quelques résistances. Autrement, nous vivrions déjà dans une société parfaite, où il n’y aurait ni consommation excessive d’alcool et de drogues, ni excès de vitesse, ni comportements déviants. À mesure que votre emprise sur la planète grandira, des ennemis, jaloux, voudront vous anéantir. Il sera alors temps de vous plonger dans L’art de la Guerre de Sun Tzu, qui vous enseignera tout ce que vous devez savoir pour gagner la guerre sans combattre.

Vous voilà fin prêt. Habituellement, notre côté fleur bleue prendrait le dessus, et pour conclure ce dossier nous vous inviterions à vous saisir de cette planète pour en faire un monde meilleur, où on arrête de prendre des décisions motivées par le profit aux dépends de l’environnement ou de la dignité humaine. On vous inviterait à manipuler les masses pour leur inculquer la tolérance, l’amour, le respect. Mais vraiment, « c’est à vous de voir, vous faites comme vous voulez ».

Exercices pratiques :

L’amorçage
L’amorçage consiste à inciter quelqu’un à faire quelque chose de déplaisant, en deux temps. Vous présentez le cool, pour avoir une réponse positive, puis vous sortez la partie contraignante de derrière les fagots.
Du style : " Tu veux venir avec moi à une super soirée où l’alcool gratos va couler à flots, y aura plein de meufs/mecs ?"
Réponse immédiate : "oui"
Puis vous glissez : "bon par contre, c’est à 3 heures de route, du coup faudra prendre ta caisse" Bingo

Pied-dans-la-porte et porte-au-nez
Il y a la stratégie pied-dans-la-porte, et son contrepied, la porte-au-nez. Oui, c’est hyper imagé comme nom. La 1ère consiste à demander quelque chose d’insignifiant : "tu peux me donner l’heure ?" Pour engager l’interlocuteur, puis lui demander une chose plus importante : "t’as pas 5 balles ?" La technique inverse consiste donc à demander quelque chose d’important : "t’as pas 50 euros ?" Pour ensuite faire passer la seconde requête comme raisonnable : "Bon, 5 € alors ?"

Pour s'entraîner : Illuminati party !

Idéal pour une petite soirée jeux de société en famille ! À l’aide de cartes, les joueurs doivent manipuler différentes sociétés secrètes (assassins, extraterrestres, gnomes de Zurich) pour contrôler le monde, divisé en groupes : communistes, savants fous, mafia, CIA, etc. Pour y parvenir, tous les moyens sont bons, légaux, illégaux, graissage de patte et manoeuvres mystiques.

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