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Gustave Courbet, l'anticonformiste Mardi 27 Février 2018

Gustave Courbet, l'anticonformiste

En 1866, Courbet peint un sexe de femme et baptise sa toile L’Origine du monde. En 2018, cette représentation, toujours censurée sur les réseaux sociaux, est devenue l’une des œuvres les plus connues de l’artiste. Courbet, à la fois rebelle, engagé, libre et controversé, a bien des secrets à dévoiler. 

Niveau débutant : 3 toiles à connaître 

Un enterrement à Ornans
L’enterrement à Ornans a suscité de vives critiques de la part des contemporains de Courbet. Premier affront : utiliser une toile aux dimensions exceptionnelles, généralement réservées aux scènes historiques, pour y dépeindre une scène de la vie quotidienne d’un petit village (celui de Courbet), et donner ainsi à des petits notables l’importance d’illustres personnages. L’autre choc passe, lui, par l’interprétation : autour du trou béant, beaucoup de républicains et de vieux révolutionnaires de l’an II. Or, à Ornans, la République sociale a été rejetée lors des élections de 1849, au profit des conservateurs du Parti de l’ordre. A travers des anonymes, c’est bien un événement historique que Courbet donne à voir en grand format : l’enterrement de la République.

gustave_courbet_-enterrement a ornans

L’atelier du peintre
Cette toile monumentale de 6 mètres sur 3 est refusée à l’Exposition Universelle de 1855. Le peintre décide alors de la présenter, à ses frais, dans son pavillon du réalisme. Au milieu de la toile, Courbet. À sa gauche, ceux qui vivent de la mort, exploiteurs et exploités : banquier, curé, ouvrier, marchand, braconnier (dépeint sous les traits de Napoléon III), mendiant. À sa droite, ceux qui vivent de la vie : écrivain (Beaudelaire en train de lire), critique (Champfleury), musicien, collectionneur et amateur d’art, intellectuel (Proudhon). Dans ce tableau comme dans un manifeste, Courbet place le travail, et l’art, au cœur de la société. 

courbet atelier du peintre

L’Origine du Monde
Cette commande réalisée pour Khalil-Bey (diplomate ottoman) est longtemps considérée comme de la pornographie. Tenue à l’abri des regards dans des collections privées, elle ne sera pas montrée au public avant 1988 et provoquera, encore en 1995, l’indignation d’un couple de touristes américains venus visiter le Musée d’Orsay. Si le nu féminin a largement été exploré dans la peinture, et ce quels que soient les mouvements picturaux, la vision de Courbet est inédite dans le sens où elle renonce aux mises en scène et aux allégories, et prend le parti de peindre le sexe dans la vérité de sa nature. En ce sens, L’origine du Monde est pour certains l’ultime aboutissement du Réalisme.

origine du monde

Niveau intermédiaire : Courbet et le réalisme

Courbet définit le réalisme comme « l’art démocratique ». Dans un contexte politique tendu (la révolution de 1848 voit l’abdication de Louis Philippe et l’élection de Louis-Napoléon Bonaparte), ce mouvement artistique se pose comme une alternative au romantisme et au classicisme. Courbet dénonce l’enseignement académique des beaux-arts, qui s’attache à décrire des grands événements historiques et mythologiques, sans considération pour la société telle qu’elle est. Il veut « traduire les mœurs, les idées, l’aspect de son époque ». Courbet prend le présent pour sujet, montre les injustices et la misère, et renonce aux mises en scènes romancées et grandiloquentes. Il en fait la démonstration très tôt avec Les Casseurs de pierres, une toile aujourd’hui détruite, qui montre et dénonce les conditions de vie d’hommes contraints à un travail pénible et absurde, sur un format digne d’une toile historique, et dans un style sans artifice ni fioriture. L’œuvre de Courbet est éminemment politique, et s’oppose à l’art aristocratique du classicisme.

Niveau expert : Courbet, l’homme politique

Tout au long de sa vie, Courbet a pris parti pour les humbles et pour la révolte. Pendant La Commune (du 18 mars au 28 mai 1871) alors que Paris se révolte, Courbet est élu au conseil de la Commune, et délégué aux Beaux-Arts. Il écrit à ses parents : « je suis dans l’enchantement, Paris est un vrai paradis ; point de police, point de sottise, point d’exaction d’aucune façon, point de dispute. Paris va tout seul, comme sur des roulettes. Il faudrait pouvoir rester toujours comme cela ; En un mot c’est un vrai ravissement : tous les corps d’état se sont établis en fédération et s’appartiennent ». Au-delà de son rôle politique, l’engagement de Courbet est surtout présent dans ses œuvres. Ami de Proudhon (considéré comme le précurseur de l’anarchie), il partage sa vision de la société. Pourtant, ses tableaux ne montrent pas de scènes de révolution ni de violence. L’action du peintre s’est distillée au fil de ses toiles, agissant par transgression du pictural et du social, renversant les conventions académiques pour y faire émerger ses convictions politiques.

BIO 

10 juin 1819 : naissance à Ornans • 1839 : départ pour Paris, après avoir étudié les beaux-arts à Besançon • 1842 : premier autoportrait • 1845 : rencontre avec la bohème parisienne. Il se lie d’amitié avec Champfleury, Beaudelaire, Berlioz, qui veulent tous proposer une alternative au romantisme académique • 1849 : de retour à Ornans, il s’inspire de son terroir pour élaborer un nouveau style, le réalisme • 1851 : plusieurs toiles (Les Paysans de Flagey, Un Enterrement à Ornans, Les Casseurs de pierres) suscitent autant l’indignation que l’admiration de ses contemporains • 1852 : il se met à la composition de nus (Les Baigneuses, Jo, La belle Irlandaise) • 1855 : il produit une série de tableaux plus traditionnels. Intéressé par la nouvelle génération de peintres incarnée par Manet, il réalise de nombreux portraits et natures mortes • 1870 : il refuse la légion d’honneur proposée par Napoléon III. La même année, suite à la proclamation de la République, il devient président de la commission des musées • 1871 – septembre - : il est élu au Conseil de la Commune – avril - : il propose le déplacement de la colonne Vendôme, qui sera finalement abattue – mai - : il démissionne suite à l’exécution de communards – juin – : après la fin de la commune, il est condamné à 6 mois de prison • 1873 : Mac-Mahon décide de faire reconstruire la Colonne Vendôme aux frais de Courbet. La même année, il s’exile en Suisse où il poursuit son travail • 1878 : son corps est inhumé à La Tour-de-Peliz.   

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