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Inside Moebius : "Ce qui sortait de sa mine de plomb était de l'or" Mercredi 29 Novembre 2017

Inside Moebius : "Ce qui sortait de sa mine de plomb était de l'or"

Du western à la science fiction, il n'y a qu'un pas et Jean Giraud (1938 - 2012), alias Moebius, l'a franchi sans problème. Auteur et dessinateur de BD incontournable, il a aussi travaillé avec les plus grands réalisateurs de cinéma comme Luc Besson, James Cameron et Ridley Scott. Une exposition lui est consacrée à l'hôtel des Arts de Toulon jusqu'au 21 janvier.
Les 300 oeuvres collectées entraînent le visiteur dans les univers fantastiques de Moebius, tantôt sombres dans 40 days dans le désert B, tantôt colorés dans le Monde d'Edena. Son trait précis donne l'impression de revoir des scènes de Star Wars, Avatar ou bien Mad Max. Pour Pascal Orsini, fan de BD et commissaire de l'expo, Moebius est « le plus grand dessinateur connu du 20ème siècle ». Il nous raconte les coulisses d'« Inside Moebius : l'alchimie du trait ».

Qu'est-ce que tu peux nous dire de l'expo « Inside Moebius: l'alchimie du trait » ?
Inside Moebius, c'est le titre qu'a voulu donner Isabelle Giraud, la femme de Jean Giraud, à l'exposition. Elle voulait mettre en avant la partie où elle a travaillé sur l'oeuvre de son mari et donc les derniers albums qu'ils ont fait ensemble, c'était la série autobiographique Inside Moebius. De mon côté, je voulais l'appeler « l’alchimie du trait » parce que j'avais écrit dans un texte qu'il avait atteint un tel niveau de virtuosité que ce qui sortait de sa mine de plomb était de l'or. Un alchimiste, donc. Il a toujours été très intéressé par tout ce qui touchait à la psychologie, à la philosophie et au chamanisme. Donc je pensais que ses recherches pouvaient arriver jusqu'à l'alchimie. Il a aussi illustré « L'alchimiste » de Paulo Coehlo donc ça m'a semblé cohérent.

Comment est-ce que tu as connu Jean Giraud ?
En tant que fan, en tant que lecteur de BD. Dès que j'ai eu 10 ans, j'avais un frère de 7 ans mois aîné qui lisait déjà Pilote, donc il me l'apportait. Et rapidement, les séries qui m'ont plues le plus étaient Blueberry. Tout le monde reconnaissait le talent de Giraud. Puis plus tard dans les années 70, quand il a créé Métal Hurlant et a commencé à faire des BD de science fiction sous le nom de Moebius, toute une autre part de son talent a éclaté. Dès qu'un nouveau Métal Hurlant sortait, c'était un événement. Aussi bien aux Etats-Unis, qu'au Japon. Quand les gens recevaient la revue, ils se jetaient sur les pages de Moebius pour savoir ce qu'il avait encore inventé.

Y a-t-il une œuvre qui reste incomprise pour toi ?
L'oeuvre que je trouve la plus belle de toute sa vie est en même temps celle que je comprends le moins, 40 days dans le désert B. C'est ce qu'il a fait de plus beau et de plus mystérieux et donc de plus compliqué à comprendre. C'est une série de 70 dessins sans texte et sans dialogue. Par moment il y ajoute des mots gravés sur certains objets. J'ai donc essayé à travers ces petites inscriptions marquées à droite à gauche de trouver des indices.


Hebergeur d'image
 ©Moebius Production

Qu'est ce qui t'a poussé à faire cette exposition ?
Quand on a proposé au responsable de l'Hôtel des Arts, Ricardo Vazquez, d'exposer la BD dans son centre d'art, il a mis du temps à nous répondre, car tout le monde n’était pas d’accord autour de lui. Je lui ai suggéré Enki Bilal , qui était facile d'accès pour le plus grand nombre car c'est un artiste polyvalent. Ça a été un gros succès, donc le directeur a voulu en faire une autre. 3 ans plus tard, on a proposé Moebius. C'était le moment.

Comment s'est déroulée l'organisation de l'exposition ?
Une fois qu'on s'est mis d'accord, on a contacté Isabelle qui détient les œuvres et les droits de reproduction. Elle est venue à Toulon pour voir l'Hôtel des Arts. On est allé deux fois à Paris pour la rencontrer et voir les œuvres qu'elles proposaient, car on ne connaissait pas les formats, puis on a effectué un tri. Ensuite, on a fait un plan des salles pour que ça raconte une histoire et que ça ait une cohérence pour le visiteur.

Comment le public accueille-t-il l'exposition ?
Le vernissage s'est déroulé le premier soir des vacances de la Toussaint donc il y a eu 15 jours avec de très grosses fréquentations. Déjà, pour le vernissage il y a eu 900 personnes donc je pense que c'était aussi fort que pour Enki Bilal. Les 15 jours qui ont suivi, les personnes qui travaillent à l'accueil de l'Hôtel des Arts nous ont dit qu'ils avaient l'impression d'assister à un nouveau vernissage puisqu'il y avait près de 600 à 700 personnes par jour.

Hebergeur d'image
©Moebius Production


Qui sera le prochain auteur de BD exposé à l'hôtel des Arts ?
Ce sont souvent les mêmes noms qui reviennent parce qu'il faut que l'auteur soit connu et qu'il ait une œuvre importante derrière lui. Il y a quelque chose qui pourrait se faire d'ici 2,3 ans sur Loustal et peut-être d'ici là une expo collective de plusieurs auteurs autour de la BD mais sur un thème particulier.

Dans la présentation de l'exposition il est écrit : « Au travers de ce parcours et de l’œuvre de Moebius, le visiteur qui en douterait encore ne pourra qu’admettre que la bande dessinée puisse être placée dans le champ de l’art ». D'après toi, pourquoi la BD a mis du temps a être reconnue en tant qu'art à part entière ?
Pour le grand public, la question de la BD dans les centres d'arts contemporains ne se pose pas. Les visiteurs n'en doutent pas, ce sont les décideurs qui doutent. Ils sont souvent d'une génération de 10 ou 15 ans de plus que la plupart des visiteurs. Ca leur paraît moins logique parce qu'ils n'ont pas eu cette culture là. Par exemple, il y a une quinzaine de jours, 2 couvertures d'Astérix se sont vendues à 1,2 millions chacune, il y a donc des gens prêts à investir dans la BD comme dans de l'art contemporain. Pour eux, il n'y a plus de problème parce qu'ils ont été élevés à la BD. Ce n'est pas dans le but de spéculer, mais plutôt parce que ces couvertures d'Astérix représentent quelque chose qui les a marqué dans leur enfance.



Quizz

Un auteur de BD émergent à connaître ?
J'ai été marqué par un auteur qui n'a fait que 2 albums, c'est Man Arenas, un dessinateur espagnol, né en Belgique, qui a beaucoup vécu en Allemagne et vit actuellement aux Etats-Unis. Les studios Disney ont demandé à ce qu'il travaille pour eux notamment sur Zootopie et Vaiana. C'est un auteur émergent que je trouve particulièrement intéressant.

Un classique à lire absolument ?
Je pense que c'est Quelques mois à L'Amélie de Jean-Claude Denis. C'est un album très près du roman au niveau de l'écriture, très littéraire.


Quelle est la première BD que tu as acheté ?
Comme je lisais les Tintin quand j'allais chez une cousine, je pense que c'est les Blueberry que j'ai acheté en premier.

La pire BD que tu aies lue ?
C'est l'histoire de Toulon, c'est moi qui l'ait faite et je pense qu'elle est vraiment très très mauvaise, parce que je l'ai faite dans de mauvaises conditions aussi !

Si tu devais vivre le reste de ta vie sur une île déserte, quelle est la BD que tu emporterais?
Ce que j'ai lu de plus beau et que je relis le plus souvent, c'est Le voyage en Italie de Bernard Cosey. C'était une surprise totale pour son style de plus en plus épuré. L'histoire est magnifique. C'est en même temps une histoire d'amour, de guerre, humanitaire, avec des flashback, un retour sur la jeunesse, des vétérans au Vietnam et une enfant réfugiée adoptée... Donc ça mélange beaucoup de choses et ça reste d'actualité. Pour lui, c'était important car une grande partie de sa famille a émigré aux Etats-Unis. Est-ce qu'il aurait fait le Vietnam s'il était parti aux Etats-Unis au lieu de rester en Suisse, c'est ce qu'il se demandait.

« Inside Moebius : l'alchimie du trait »
Hôtel des arts
Ouvert du mardi au dimanche
10h - 18h
Entrée gratuite
Site : http://bit.ly/2hMRwM8

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