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L'adulte : une espèce en voie de disparition ? Lundi 17 Septembre 2018

L'adulte : une espèce en voie de disparition ?

C’est la crise. La crise existentielle. Car voyez-vous, petits, nous rêvions souvent à notre vie d’adulte. Nous nous imaginions avec des enfants, une carrière, une jolie maison, un chien et de la sagesse à revendre. Puis les années sont passées, passées. Et on attend toujours que la sagesse, et le reste, nous tombent dessus… Sans tout cet attirail de l’adulte, sommes-nous condamnés à rester des enfants ?

Il n’y a pas si longtemps, le passage à l’âge adulte était marqué par des événements concrets : se marier et quitter le domicile familial, ou, pour les hommes, faire son service militaire. Aujourd’hui, ailleurs dans le monde, des rites de passages existent toujours. En Nouvelle-Guinée par exemple, les jeunes garçons sont scarifiés sur l’ensemble de leur corps pour former leurs écailles d’homme crocodile. S’ils survivent, ils ressortent de cette expérience physiquement et mentalement plus forts.
Ils deviennent ainsi officiellement des hommes et peuvent prendre leur place dans la société. Mais pour vous, qui n’avez peut-être pas l’intention de partir rejoindre les Papous de Nouvelle-Guinée, la réponse est ailleurs ! Et elle passe souvent par différents caps à franchir pour se constituer l’apanage de l’adulte accompli. Attention, ce n’est pas de la tarte.

Etape 1 : finir ses études et trouver du boulot

Du temps de nos parents, on trouvait un travail relativement rapidement, et on entamait une longue carrière, restant plusieurs années dans la même boîte. Aujourd’hui, c’est une autre paire de manches. Pour se faire une idée, l’âge moyen d’accès au premier CDI est passé de 22 à 27 ans en l’espace de 15 ans, et le taux de chômage chez les jeunes les moins diplômés bat tous les records. à l’ère des autoentrepreneurs et de la start-up nation, difficile de se projeter dans un emploi stable et rentable. Le rapport même de la génération Z au travail a changé. Moult analyses démontrent d’ailleurs que les diplômés nés après 1995 sont majoritairement en quête de sens. Ils privilégient un projet et une équipe, et placent les perspectives d’évolution et le salaire en second plan. De toute façon, la plupart d’entre eux n’ont pas l’intention de rester plus de 3 ans dans la même entreprise. Autant dire que pour la carrière, on repassera.

Etape 2 : être indépendant financièrement et quitter Papa-Maman

Tout le monde n’a pas la chance de pouvoir payer plusieurs centaines d’euros pour habiter dans une cage à poules. Car pour trouver un appartement, en particulier dans les grandes villes, il faut pouvoir justifier d’un CDI et d’un salaire équivalent à trois fois le montant du loyer. Ou avoir tonton Rothschild comme garant. A la suite d’une rupture ou de la perte de leur emploi, nombreux sont les jeunes qui retournent habiter avec leurs parents, ou vivent en colocation. Entre ceux qui restent avec leurs parents pour les aider financièrement et partager les frais, et ceux qui ont la chance d’avoir des parents suffisamment aisés pour payer leur loyer, une chose est sûre, l’indépendance n’est pas exactement de mise.

Etape 3 : se mettre en couple et avoir un enfant à son tour

Vous l’avez peut-être remarqué : les histoires d’amour finissent mal, en général. Pour les nouvelles générations, témoins de l’échec du mode de vie de leurs parents (près de 45 % des mariages se terminent par un divorce), la vie de couple n’est plus un but en soi. Si elle s’envisage toujours, bien sûr, la notion d’épanouissement personnel y est prédominante, et peu de relations se soldent aujourd’hui par un mariage. D’ailleurs, épanouissement individuel et procréation ne font pas bon ménage. De toute façon, sans boulot ni appartement, se reproduire n’est sans doute pas la meilleure idée qui soit. Ainsi, l’âge moyen pour donner naissance à son premier enfant est passé de 24 ans en 1974 à 28,5 ans aujourd’hui.

Vous êtes loin d’avoir franchi toutes ces étapes ? Cette liste vous a mis le moral dans les chaussettes ? C’est normal. Parce qu’on ne peut définitivement plus les utiliser pour définir ce qu’est être adulte, et aussi parce que toutes ces considérations sont angoissantes au possible. Quand on pense « adulte », on pense responsabilités, pression, boulot, sérieux. Adieu la spontanéité, adieu la rigolade, bref, adieu la vie. On se dit qu’on finira bien par le devenir un jour, mais on n’est franchement pas pressé.
Il faut dire qu’on vit dans une société qui voue un culte à la jeunesse, synonyme de modernité, d’opportunité, de dynamisme. Dans le même temps, l’idéal de l’adulte accompli est quasi inatteignable : nous aurons toujours la sensation d’être trop immatures, trop incompétents ou pas suffisamment cultivés. Car au-delà du cadre matériel, il semble qu’être adulte soit également un état d’esprit. Lors d’une étude réalisée par France Info sur la tranche 18-35 ans, 39 % des 185 833 personnes interrogées considèrent ainsi que devenir adulte, c’est se connaître soi-même. La belle affaire.
En tant qu’enfant, nos parents sont la référence absolue de ce que signifie être adulte : quelqu’un qui a la réponse à toutes nos questions, la solution à tous nos problèmes, bref, qui a l’air de tout avoir sous contrôle. On les imite en jouant au papa et à la maman, au médecin, à la maîtresse, on s’imagine avoir des responsabilités et de l’autorité. On se dit qu’à force de jouer, ça va finir par rentrer. Mais nous sommes bien obligés de constater que nos parents ont menti. Ils nous ont protégé de leurs doutes, et parfois de leur détresse. Ils nous ont caché qu’au fond, ils étaient des gens comme les autres, et qu’il leur arrivait même d’avoir tord. Diantre ! Toute notre conception de l’être adulte serait donc biaisée depuis le début ? Si devenir adulte revient à s’enterrer et à fermer la porte à l’aventure, alors peut-être que cette espèce ferait mieux de disparaître. 

On a une bonne, et une mauvaise nouvelle. La mauvaise, c’est que vous deviendrez indubitablement adulte. Ça va s’immiscer subrepticement, en commençant par un amour incommensurable pour les mots compliqués de plus de 3 syllabes. Puis, vous réaliserez que vous êtes maître de votre destin, donc totalement en mesure d’en faire un total chaos. Personne ne vous dira de payer votre loyer pour ne pas finir à la rue, personne ne vous forcera à vous bouger les fesses pour trouver un travail, et personne ne fera de choix difficiles à votre place. Autant vous le dire tout de suite : devenir adulte ne signifie pas pour autant la fin des tourments et des crises existentielles. Il arrivera même un moment où vous vous demanderez combien de jours s’écouleraient avant qu’on retrouve votre cadavre boursoufflé si vous vous fracassez le crâne contre le rebord de votre baignoire. La bonne nouvelle, c’est que c’est à vous de voir. Vous êtes libre. Libre de changer de boulot si vous vous emmerdez, libre de vous dépasser, d’apprendre, de vous tromper, de recommencer, de changer de ville, de pays, de rencontrer des nouvelles personnes… et d’acheter un tapis antidérapant pour cette foutue baignoire.

Et pour vous, ça veut dire quoi, être adulte ?

Jules, 11 ans
« Quand on est enfant on est plus réactif, on saute partout ! Mais les adultes, ce sont eux qui commandent. Ils peuvent conduire des voitures, s’acheter des trucs, aller aux manèges, et ils ne sont plus obligés de prendre le menu enfant.»

Florence, 61 ans
« Être adulte, c’est souvent perdre son âme d’enfant : prendre les événements au sérieux en oubliant la folie, et en laissant le carcan de la société prendre le dessus. Mais rassurez-vous, on peut vieillir sans devenir adulte ! »

Alain, 75 ans
« Être adulte ce n’est pas forcément synonyme de sérieux, de gravité, de prudence, de réserve. On peut garder ses rêves, s’en inventer de nouveaux. Grandir, devenir adulte en restant un écolier curieux, ouvert à toutes les innovations, désireux de comprendre et de partager, cela rend heureux. »

Neal, 17 ans
« L’âge adulte est celui où l’on peut faire ses propres choix, avec une vision du monde assagie. Je ne sais pas si j’ai envie de subir toutes les obligations et les pressions qui pèsent sur les adultes, mais j’ai définitivement envie de prendre mon indépendance. »

Mathieu, 33 ans
« Je vois un peu l’âge adulte comme l’âge chiant. Je ne me sens pas tout à fait adulte, parce que j’ai encore le rythme de sortie de mes 20 ans (avec l’argent en plus) et niveau responsabilités, je n’y suis pas encore ! »

Alice, 24 ans
« Je dirais qu’être adulte c’est avoir des enfants, s’occuper de quelqu’un d’autre… Encore que ! Je suis étudiante, donc à la fois adulte, mais pas vraiment indépendante. J’ai l’impression d’être une version 2.0 de moi enfant. »

Lalie, 17 ans
« Lorsqu’on entre dans la vie active, j’ai la sensation qu’on devient un adulte, même si on peut rester enfant dans sa tête.
Je suis dans une phase de transition entre ces deux états, et je prends tous les bons côtés. Mais devenir vraiment adulte, ça fait peur. »

Juliette, 9 ans
« C’est plus rigolo d’être un enfant, on joue, même à l’école. Les adultes ils travaillent tout le temps. Je n’ai pas envie d’être adulte, parce que je n’ai pas envie de travailler. »

Archibald, 43 ans
« Je me suis senti adulte le jour où j’ai dû payer mon premier loyer : je m’assumais pleinement, je n’avais plus de compte à rendre à personne et l’avenir devant moi. Je suis devenu l’adulte que je voulais être (un mari, un papa, un pote, un collègue) mais je ne suis pas si loin de l’enfant que j’étais. »

Philippe, 60 ans
« J’ai l’impression que les principaux canaux de ma réflexion sont les mêmes que quand j’avais 6 ans. Aujourd’hui je ne me sens pas plus ou moins libre, ou plus ou moins heureux, je me sens juste plus vieux ! »

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