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Les réseaux de la colère Mercredi 27 Mars 2019

Les réseaux de la colère

La réaction « grrrr » symbolisée par ce petit émoji rouge de colère ponctue nos fils d’actualités. Sous chaque article mettant en scène un black, un homo, un rom, une féministe (bref, à peu près n’importe qui !) notre doigt hésite à cliquer sur le funeste lien « lire les commentaires », porte des enfers d’où se déversent des flots de propos haineux, dont la qualité argumentative est à la hauteur de la rigueur orthographique. Sérieusement : on va subir ça encore longtemps ?

Pourtant, lorsque les réseaux sociaux ont émergé, on nous avait fait la promesse d’un monde meilleur, où « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » nous chanterait Jean Yanne. À propos de Facebook, Mark Zuckerberg disait, en 2014 que le réseau social se donnait « pour mission de rendre le monde plus ouvert et connecté ». Et en 2018, malgré toutes les affaires venues entacher cette réputation, il déclarait sur le plateau de CNN, la larme à l’oeil : « la chose la plus importante pour moi était d’avoir l’impact le plus positif possible sur le monde ».

Mais que s’est-il donc passé ? Les propos haineux ont-ils soudainement émergé, dans un triste âge d’or de la banalisation de la violence ? La médiatisation massive de personnalités comme Zemmour ou Frigide Barjot aurait-elle fait perdre tout sens du respect et de la tolérance ? Il y a fort à parier que les réseaux n’ont pas inventé la haine. En témoigne les tontons racistes et misogynes de France qui, chaque année depuis la nuit des temps, pourrissent des centaines de repas de Noël. Mais, à la différence de l’intimité du repas de famille, ou de l’isolement à l’intérieur de notre voiture (qui n’a jamais insulté gratuitement un automobiliste ?), les réseaux ont, eux, une caisse de résonnance. Parmi le flot de commentaires produit chaque jour sur Twitter ou Facebook, ce sont ceux qui jouent sur la colère, l’indignation et l’agressivité qui bénéficient du plus de visibilité parce qu’ils sont couronnés de nombreuses réactions, qu’elles soient favorables, ou défavorables. Résultat : on a l’impression qu’une majorité s’exprime alors que ces discours ne sont, bien heureusement, que le reflet de l’avis de quelques haters réunis en meute, qui n’hésitent pas à lancer des « raids » contre certaines personnalités ou articles de presse. Pour apporter de l’eau à leur moulin de l’angoisse, ils n’hésitent pas à produire eux-mêmes des données chiffrées, qu’ils érigent en vérité absolue. Un exemple éclatant : le compte twitter SOSheterophobie selon lequel, sur 4 000 personnes interrogées, 840 auraient été victimes ou témoins d’une agression hétérophobe. La source ? Un sondage twitter réalisé sur le compte…. D’SOShétérophobie. En gros, ils demandent à des gens qui sont d’accord avec eux s’ils ont raison, et en concluent qu’ils ont raison Pratique.

Pourquoi tant de haters ?

Ces derniers temps, entre Bilal Hassani (qui a reçu une insulte toutes les 6 secondes en moyenne), ou l’affaire de la « Ligue du LOL », on ne sait plus où se réfugier pour échapper à cette atmosphère nauséabonde. Comme la plupart des gens, on se retrouve à subir passivement la haine des autres, s’habituant progressivement à ce genre de comportement, jusqu’à se retrouver dans un cas classique de « laisser haïr », pour reprendre la formule de Carolin Emcke. La journaliste et philosophe analyse, dans l’ouvrage Contre la haine, l’indifférence avec laquelle des événements d’une grande violence défilent dans l’opinion publique, rendus légitimes par les discours populistes. Elle en appelle à la résistance des « coeurs intelligents ».
Est-ce de notre faute si des imbéciles harcèlent et insultent ? On ne va tout de même pas aller clamer à tout bout de champ que non, nous ne sommes ni racistes, ni antisémites, ni homophobes, ni grossophobes, ni misogynes. Quelle solution nous reste-t-il, face à ces grossiers personnages, convaincus de défendre la liberté d’expression dans cette « société politiquement correcte » où « on ne peut plus rien dire », ou, argument suprême, de simplement faire de l’humour, en bon troll des internets ? Les « rules of the internet », dictées par le forum 4chan au début des années 2000 l’écrivent noir sur blanc : « do not argue with troll – it means that they win ». Voilà la solution : si tu ne veux pas voir les trolls, ignore-les ! Super. En bonus, autre conseil plein de bon sens : « si tu veu pa te fair agressé, reste ché toi ! » Voilà, merci d’avoir lu ce dossier, je pense qu’on a fait le tour de la question.



Heureusement, nous n’en sommes pas là car il y a toujours, sur la toile, de valeureux internautes (vous, peut-être?) qui s’interposent pour défendre les harcelés et élever le débat. Pour ceux qui sont la cible des attaques, des outils existent également. On peut citer, pour les youtubeurs, l’application Bodyguard, qui scanne les commentaires en temps réel pour supprimer ceux considérés haineux, racistes ou poussant au suicide, et ce quel que soit l’approximation de l’orthographe. Pour ce qui est des autres réseaux, les cibles des trolls peuvent s’en remettre à… la loi ! Car on a tendance à l’oublier, mais le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit !

Mais que fait la police ?

Contrairement aux États-Unis, où ont été créés les réseaux sociaux les plus utilisés, en France, la liberté d’expression connaît des exceptions. Cette différence fondamentale explique, en partie, que des réseaux comme Twitter n’ait pas anticipé les problèmes liés aux contenus condamnables. Ainsi, en 2012, lorsque les hashtags #unbonjuif #unjuifmort avaient circulé sur la plateforme, celle-ci avait refusé de supprimer les tweets, ou d’en dénoncer les auteurs. C’est justement la question de la responsabilité des plateformes qui diffusent ces contenus que pose Olivier Ertzscheid, enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la communication, lors d’un billet adressé à Bilal Hassani et publié sur son (très instructif) blog, affordance.info : « La question (…) à poser en toute priorité aux plateformes lorsque vous les rencontrerez (…) Êtes-vous prêt à réellement lutter contre les discours de haine, contre l’homophobie, en ajoutant dans vos CGU que chaque insulte raciste ou homophobe occasionnera la fermeture définitive du compte qui les a proférées ? Êtes-vous prêt à perdre ces «clients» là qui ne sont pas, pour vous, anonymes, et qui ne l’ont jamais été ? (…) Si vous étiez les gérants d’un magasin et que certains de vos clients revenaient tous les jours et traitaient de « sale PD » ou de « sale fiotte » d’autres de vos clients, quelle serait votre réaction ? Les accepteriez-vous dans votre magasin ? Ce que vous tolérez est ce que vous êtes vraiment. »
Une réflexion qui se retrouve dans le plan d’action en 10 points pour lutter contre l’incitation à la haine et au harcèlement en ligne présenté en février dernier par Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au numérique. Au programme, sensibilisation des citoyens, définition des règles de modération, signalement et suppression des contenus, accompagnement des victimes. Tout un panel d’actions, donc, qui restera caduc sans la coopération des grandes plateformes comme Twitter ou Facebook. En attendant que des lois viennent (ou pas) à notre rescousse, gardez le moral : écoutez Jean Yanne !

Pour garder le moral, le coin des bonnes nouvelles !

  • 59 % des français s’estiment « pas racistes du tout », soit le plus haut niveau depuis le début des années 1990 (source : rapport 2017 sur le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, publié jeudi 22 mars 2018 par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH))
  • 88 % des français estiment qu’un français de confession juive est aussi français qu’un autre français (source : Ifop, UEJF, Sos Racisme)
  • 62 % des sondés étaient contre l’abrogation de la Loi Taubira (autorisant le mariage des personnes de même sexe), et 63 % considéraient les parents homosexuels comme « une famille à part entière » en 2016. (Source : Ifop)
  • 76 % des personnes interrogées (70 % des hommes et 82 % des femmes) se disent « concerné-e-s » par les droits des femmes. (Source : Institut YouGov France pour Grazia)

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