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Sexe : la grande débandade Lundi 13 Août 2018

Sexe : la grande débandade

Ah, le sexe ! Cette activité mécanique d’une simplicité déconcertante, et pourtant si importante. On nous le vend à toutes les sauces : porno en ligne, applis pour trouver un coup d’un soir, sextoys en veux-tu en voilà. Plan à trois ou plus, sadomasochisme, jeux de rôle, fellation, sodomie, double pénétration : plus aucun sujet ne semble tabou, et plus aucune pratique hors de votre portée. Mais pour gagner la course au coït, il ne s’agira pas seulement d’être « open », il faudra aussi être au top. Et si on arrêtait plutôt de se mettre la pression ?

Finie l’époque où Saint-Augustin traumatisait tout le monde en racontant que faire l’amour en dehors du mariage était un péché mortel, et prendre du plaisir entre époux un péché véniel. Dépassé, le temps où l’infidélité ou l’homosexualité étaient condamnées
par la loi, en France en tout cas. Fort heureusement pour nous, les choses ont évolué, et notamment pour les femmes avec l’acquisition (certes tardive) de droits comme la contraception et l’avortement. Le virage de la libération sexuelle des années 70, qui prônait la jouissance sans entrave, semble pourtant avoir terminé sa course droit dans le mur, laissant la place à une conception « commercialo-marketée » du sexe, où performance semble être le maître-mot. Et comme si tout cela ne suffisait pas, on nous rappelle régulièrement que le sexe est indispensable à notre bon développement, à grands renforts d’arguments hygiénistes. Améliorer sa pression artérielle, diminuer les risques cardiaques, muscler sa vessie ou renforcer ses défenses immunitaires : passer à la casserole semble être une question de vie ou de mort.
Que s’est-il passé entre le moment où notre sexualité était niée, et cette époque régie par l’injonction à être une bête de sexe ? Avons-nous, vraiment, fait tout ça pour ça ? La surmédiatisation du sexe a créé une multitude de nouvelles « normes » illusoires, où il est impossible d’être à la hauteur de l’image biaisée qu’on nous renvoie.

Mon image

On pourrait s’amuser à dresser une liste de standards inatteignables et autres inepties préconçues pour correspondre à l’amant-e parfait-e. Pour les hommes, il s’agira d’être grand, bien bâti avec beaucoup d’abdominaux. C’est important, les abdominaux. Il conviendra d’être viril, mais sensible, un peu macho mais foncièrement féministe. Pleurer est interdit (cette fonction du corps humain semble réservée aux femmes) : autant vous dire que passé 8 ans, il est fortement déconseillé de regarder Le Roi Lion.
Au lit, l’homme doit prendre les choses en main, tout en restant à l’écoute de sa partenaire. Il sera bien évidemment muni d’un sexe à la fois long, large et robuste, capable de maintenir une érection pendant des heures et, cela va sans dire, fera grimper sa partenaire aux rideaux à de multiples reprises. Tout cela est rendu possible par une libido sans faille, une endurance à toute épreuve et une incroyable capacité à ne penser qu’au sexe. Célibataire, il faudra être fun, car personne ne veut d’un pauvre bougre solitaire et dépressif. Le bachelor est là pour épater la galerie et faire rêver les copains en faisant la liste exhaustive de ses nombreuses conquêtes, ou en narrant ses déboires de manière divertissante.
Côté femmes, il faudra soigner son apparence et débarquer, chaque jour que dieu fait, fraîche comme la rosée du matin. Mais tout en restant naturelle, sinon c’est vulgaire. Il s’agira aussi d’être indépendante, mais pas trop, pour ne pas effrayer ces messieurs.
La sacro-sainte féminité devra être choyée à la ville comme au lit. Une bonne partenaire devra aimer le sexe. Mais attention,
trop d’appétit et elle sera nymphomane, trop peu la rendra frigide. La femme doit être sauvage et soumise à la fois, dédiée toute entière à l’accueil enthousiaste de l’érection masculine. Elle peut compter sur les magazines féminins pour lui expliquer « comment faire la fellation parfaite qui lui fera passer l’envie d’aller voir ailleurs », ou « comment trouver la bonne lingerie pour résoudre votre Œdipe ». Pour terminer, sa plastique devra bien entendu être impeccable : poitrine généreuse, ventre bien plat, et épilation intégrale.

YouPorn m'a tué

Et pour tout ça, on ne remercie pas les films pornos, qui ont grandement contribué à la construction d’une image totalement mensongère du sexe. Car soyons réalistes, il y aura toujours un décalage entre les films pornos et nos propres expériences. Et ce décalage est particulièrement impactant pour les « millenials », qui semblent se désintéresser du sexe, à en croire l’étude américaine relayée dans Le Monde* en juin dernier, qui indique une baisse de l’activité sexuelle chez les jeunes adultes. La raison ? Une génération qui a fait son éducation sexuelle avec la pornographie, d’une part de manière passive et solitaire installée derrière son écran, et d’autre part via des séquences de quelques minutes où tout se passe très vite, et très intensément.
Résultat, leur vie sexuelle leur semble fade et leur performance, pas à la hauteur. Les témoignages qui accompagnent l’article parlent de garçons stressés à l’idée de ne pas durer assez longtemps, et de filles lassées que leur partenaire veuille « baiser comme dans un porno : fellation, levrette et tirage de cheveux ».
Il faut dire que lorsqu’on se retrouve tout nu, pour de vrai, face à son partenaire, ce n’est pas tout à fait YouPorn. Passage en revue : pas de corps de déesse ou d’érection vertigineuse, ni de scénario incroyable, ni de costume de soubrette, ni de godemichet XXL. Il y a juste nous, avec nos bourrelets et notre libido qui nous titille. On s’envoie en l’air avec des poils, des odeurs, des bruits qui font « flop flop prout prout », de la transpiration qui dégouline... Et en fait, c’est déjà pas mal.
Car si les personnes qui ont une vie sexuelle active subissent une pression, l’abstinence peut, elle, être perçue comme un véritable fardeau. Qu’on se rassure, on a tous des passages à vide. Rien de plus normal : un bouddhiste vous dirait que par nature, désirer c’est être frustré, car c’est aspirer à quelque chose que l’on n’a pas.

Il y a ceux qui vivent leur frustration sexuelle avec philosophie, et d’autres qui ont complètement perdu les pédales et sont passés en mode « full déglingo », on a nommé les Incels. Tristement rendus célèbres par les attentats de Toronto, ils sont un groupe d’hommes « involontairement célibataires ». Leur idéologie consiste à penser que la société est composée d’hommes, les Chads, beaux et populaires, et de Stacys, des femmes diaboliques qui moquent les Incels et ne sont intéressées que par les Chads. Eux, pauvres bichons, sont donc célibataires malgré eux, et leur droit à la sexualité, nié. Parmi les idioties avancées par les Incels : la proposition de rendre le vagin des femmes accessible à tous pour supprimer les inégalités entre hommes, ou encore la reconnaissance du « viol inversé » dont ils sont victimes, puisque les femmes refusent de coucher avec eux. Les plus extrêmes d’entre eux préconisent le harcèlement, le viol ou le meurtre. Ambiance.

"On croise rarement une femme en tête-à-tête au restaurant avec son godemichet"


Dans un autre registre, beaucoup moins extrême mais tout de même surprenant, les propriétaires de love dolls. Ces hommes (bizarrement, très peu de femmes y ont recours), ont décidé de s’acheter une poupée pour assouvir leurs désirs. Jusque-là, chacun fait bien ce qu’il veut. D’ailleurs un nombre incalculable de femmes ont recours à des objets pour se « chatouiller le nénuphar ».
Ce qui est curieux en revanche, c’est qu’on croise rarement une femme en tête-à-tête au restaurant avec son godemichet, alors que plusieurs propriétaires de love dolls chouchoutent celle qu’ils considèrent comme leur partenaire : jolis vêtements, bijoux, voyages, sorties… un homme au Nigéria a même épousé Sidore, sa poupée, il y a quelques années. Un mariage heureux, probablement, tant son épouse doit être facile à vivre. Car il s’agit bien ici de s’offrir une partenaire de substitution.
Le best-seller ? Une poupée blonde, très mince, à forte poitrine. En résumé, des hommes frustrés de ne pas correspondre aux standards qu’on leur impose, soignent leur solitude et se consolent en achetant des femmes qui répondent exactement aux standards qui pèsent sur le sexe opposé… Objectif : trouver une partenaire à tout prix (ou plus précisément moyennant quelques milliers d’euros).

La (tur)lutte continue

En faisant un petit tour d’horizon de toutes les questions existentielles soulevées par le sexe, on finit par se demander s’il est aussi important qu’on le dit. En 2015, trois chercheurs américains ont tenté de répondre à cette question** en demandant à 25 000 personnes de comparer la fréquence de leurs rapports sexuels avec leur niveau de bonheur. Il se sont aperçus que le bien-être était en effet lié au sexe : ceux qui ne font l’amour qu’une fois par an sont moins heureux que ceux qui s’envoient en l’air de manière hebdomadaire. Ils ont ainsi dessiné une courbe, et constaté un palier : faire l’amour tous les jours ou une fois par semaine a le même impact sur le niveau de bonheur.
Ils ont cependant décelé une différence de taille : la fréquence des rapports n’a d’effet sur le degré de satisfaction que chez les personnes en couple, et pas chez les célibataires. Autrement dit, le sexe a bien un impact sur le bonheur, mais seulement si c’est dans le cadre d’une relation où il n’y a pas que du sexe. Si faire des galipettes procure du plaisir, et ce que l’on soit en couple ou pas, le nœud du problème, la recherche du bonheur, est ailleurs. Un quelconque coït nous fera du bien, mais ne rendra pas forcément notre vie plus belle, et l’existence moins insupportable. Ce qui fait la différence, c’est d’avoir une personne avec qui partager des choses, quelqu’un à qui se confier, qu’il s’agisse d’un ami, d’un parent ou d’un amant… Et si la personne avec qui vous vous sentez bien est aussi celle avec qui vous pouvez vous envoyer en l’air, sans jugement, avec pour seule ambition de prendre du plaisir et d’en procurer, alors banco !

"Assumons nos ébats ratés comme ceux à inscrire dans les annales"


En couple ou célibataire, quels que soient nos goûts et nos envies, il nous faut reprendre le contrôle de notre corps et de notre sexualité, et se débarrasser de toutes les injonctions porteuses de frustrations. Il est aussi acceptable d’adorer la sodomie que de ne pas en avoir envie, d’aller dans des clubs libertins que de préférer l’intimité de sa chambre à coucher, d’avoir, ou pas, envie de faire l’amour. Assumons nos bedaines, nos petits sexes, notre bonnet A, nos ébats ratés comme ceux à inscrire dans les annales.
La prochaine révolution sexuelle commence maintenant, pour renverser la dictature du « tout sexuel » et entrer dans une nouvelle ère où chacun pourra, tout simplement, faire de son corps ce que bon lui semble.

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